To Have and Have Not… 

To Have and Have Not… 

La Belle Niaiseuse

Vous connaissez la fille qui n’en rate pas une? Qui ne sait jamais quoi inventer pour se gâcher la vie quand tout va bien? Qui peut trouver le soleil moins brillant? 

Si si. Vous la connaissez.

Hum.

Donc voilà voilà. Jeudi matin. Beau soleil. Ma promenade du matin fut revigorante. Mais apparemment ça ne me réussit pas les gaz d’échappements.
“D’échappement”. La chance.

Je n’ai donc rien trouvé de mieux à faire que d’aller voir. Juste comme ça. Par curiosité. Si “mon” Chuck Bass, mon épine dans le pied, mon prince des ténèbres, mon Eldorado, mon bourreau, mon rien… était toujours à New York. Seul. Un jour, j’irai là-bas. Ou pas. Voir si j’avais toujours mal.

Et donc, mon petit coeur en est encore tout remué dans les deux sens :  oui et non.


Oui, paf, le revoir comme ça sur sa photo de profil Facebook pourtant sombre, ça me fait quelque chose. Quelque chose de pas terrible. Un peu comme si une main invisible s’immiscer dans mon intimité thoracique pour farfouiller, trouver la pompe et - pour rire - s’en servait de balle anti-stress.

Le pire sur cette photo ce n’est pas lui. C’est elle. Il y a donc une “elle” apparemment.
Ils arborent tous les deux un air niais (pour ne pas dire pire), avec chacun sa fossette. Bien entendu je ne vois pas ce qu’il lui trouve.

Et non. Je n’ai pas été dévastée non plus. Car là j’ai mieux vu ses sourcils à la Emmanuel Chain. Sa coupe de cheveux d’avant-guerre. Ses joues rebondies. Son air con-descendant (“qui descend du con”, donc). Et sans même m’en rendre compte, je me suis surprise à me demander ce que j’avais bien pu lui trouver. 

Ce bellâtre sait toujours me chavirer. Certes. Mais je sens qu’il s’agit davantage d’un souvenir idéalisé que d’un sursaut de sentiments baveux. Et je sais me tenir.

En résumé: qu’est-ce qu’il m’arrive? L’herbe est toujours plus verte ailleurs. Le soleil plus chatoyant. Faut voir les arbres de Bleecker Street au Printemps.

Mais quel intérêt avais-je d’aller jeter un oeil à cette photo qui ne m’en dit pas assez pour me conforter, et me laisse libre d’en tirer les pires conclusions?

Me rassurer sur ce que j’ai aujourd’hui?

Tsss.

Une bonne paire de claques. Voilà ce qu’il me faudrait.

Et arrêter d’inventer des scénarios sur le comment on se retrouverait, moi courant vers lui les cheveux au vent, lui me déclarant sa flamme digne de celle d’un briquet-tempête. Je déroule ses bobines de films imaginés, j’y crois le temps d’un trajet. Et je me réveille. 

Et  j’ai honte.

Oui. Honte. Car je partage ma vie avec un homme beau. Bien plus beau que ce Nadal à la noix. Un homme qui apparemment m’aime et veut faire du chemin avec moi. Un homme que j’aime et avec qui je veux construire.


Alors si je pouvais arrêter de fantasmer sur l’échec cuisant de ma vie, mon oeuvre, hein. Ca m’arrangerait. Merci.

Mourir d’aimer.

Comme de par hasard.


Hier après-midi, pour m’accompagner dans le métro, j’ai pris un livre. Je ne l’ai pas choisi au hasard, mais je ne savais pas pourquoi je voulais spécialement celui-ci.
L’intuition peut être?
Morbide intuition alors…


J’ai donc emmené avec moi le livre de Giulia Salvatori, “La mémoire de ma mère”. Sur Annie Girardot, sa mère donc. Une mère pas comme la mienne. Pas comme la vôtre. Une mère avec des amants beaux et violents, une mère avec des amis comme Alain Delon ou Claude Lelouch. Une intransigeance touchante. Une peur panique de la solitude, de l’abandon.


Un peu comme nous toutes en somme.

Hier j’ai donc voulu en savoir plus sur ce petit bout de femme. Je pensais feuilleter le roman de sa vie et j’ai été happée par son tourbillon. D’une traite j’ai tout lu, tout absorbé, sous le charme, sous le coup. Hier je me couchais avec Annie Girardot. Et ce matin, je me suis levée avec elle. Le temps que reposent toutes ces informations, que mon cerveau prennent la mesure de cette vie . Elle était avec moi.
Jusqu’à 15h40.
Mes yeux s’arrêtent sur un tweet. “RIP Annie Girardot”. 

Je penche d’abord pour la mauvaise blague type. Twitter a tué quelques personnes depuis que j’y suis. Pour de faux.


Sauf que là. C’est la vraie vie.

Et j’ai l’impression d’avoir reperdu ma grand-mère. Atteinte du même mal. La mémoire qui flanche, inéluctablement. Et je ne peux m’empêcher de penser au soulagement aussi que doivent ressentir ses enfants, petits-enfants. Et je suis triste. Pour eux. Pour moi. Et je n’oublie pas.

Je ne sais pas si j’ai manqué au cinéma, mais le cinéma m’a manqué énormément
Annie Girardot (25 Oct. 1931 - 28 Fév. 2011)

Celle qui ne vous dira rien.

Thank God It’s Friday.
Tous les vendredis, c’est le même refrain. Comme si c’était surhumain d’arriver vivant(e) au Vendredi. Ca flatte notre héroïsme au chômage technique.

Vendredi. La promesse du week-end, de la soirée. Je peux tout faire! Je suis libre! Liiiibre! Libre de sortir jusqu’à pas d’heure, de rentrer ivre, de dormir jusqu’à ce que mes voisins le décident. Libre de ne rien faire. Libre de culpabiliser devant le ménage qui attend son heure.

Libre. Et puissant. Le vendredi soir, on a tous quelque chose en nous de Tennessee. Et comme c’est ma première (et dernière) citation de Johnny, j’en profite pour faire un voeu.


Voilà. Je vous le dirais bien mais vous savez ce qu’on dit…

Donc. Vendredi. Il est 15h30. Il me reste 2h. J’ai terminé trop vite la mission du jour, moralité je n’ai plus rien à faire. Et je compte bien rester comme ça. J’en profite donc pour me balader de lien en lien. Et des idées me viennent, des envies.

Mais chuut…

J’étais venue ici emplie d’une inspiration toute nouvelle… mais les bruyants monteurs sont sortis de leur bureau et ont décidé de réveiller le rez-de-chaussée. A grands renforts de chansons massacrées, de cris d’animaux (en rut je pense). J’en passe et des meilleures.

La joie de travailler avec des enfants.

Ben oui. Les gens qui bossent dans l’audiovisuel sont des grands enfants. Mais des enfants quand même.

N’allez pas croire, j’aime les enfants hein.

Bref.

J’étais venue ici vous raconter mon actuel (je rappelle qu’on lui cherche toujours un surnom si jamais vous avez des idées), le malentendu de la semaine, la surprise qui est devenu un joli bijou de femme-femme (à ne pas confondre avec les bijoux de femme-fille), les erreurs téléphoniques du jour (hilarantes, vous ratez quelque chose). Vous racontez ma vie en off comme au taf. Je veux vous parler de moi, de vous. ouh ouh.

Vous parlez de Colin Firth et de son discours. De Beethoven et de son effet sur mes poils érectiles. 

Vous parlez.

Mais non. Le sort en a décidé autrement. P. chante à tue-tête. T. l’ingé-son renchérit en beuglant je ne sais quelle ânerie. C’est la basse-cour, je vous dis!

Et moi je lorgne ma pendule numérique en haut à droite en attendant que s’affiche les chiffres magiques : 1 et 6 et deux 0. Heure à laquelle je m’autorise à fumer ma première cigarette de la journée.
Ben ouais, faut pas déconner, j’ai arrêté de fumer moi.

Hum. 

« J’ai toujours pensé que je n’étais personne. Et la seule façon pour moi de devenir quelqu’un… et bien c’est d’être quelqu’un d’autre ! »

Marilyn Monroe

(mais ça aurait pu être de moi si j’avais été un peu plus blonde. Un peu plus elle. Un peu moins moi)

4 notes

Et puis quoi encore…

J’aimerais bien écrire. Ecrire avec des vrais mots. Des mots idiots, des mots touchants. Des mots avec des vrais morceaux d’abricots à l’intérieur. Ou à défaut, des sentiments. Sublimés ou non. Faut pas croire. Je suis quelqu’un de super indulgent.

En plus, c’est pas comme si j’avais rien à dire.
Je veux dire : je n’ai rien à dire. Mais alors rien, nada, nichevo, que’chi . Mais du coup si on fait le calcul, j’en ai autant que plein d’autres. 
Pourquoi qu’elles et que pas moi?

Hein?

Non mais c’est vrai. 

Moi aussi j’ai un boulot chiant, un chouchou/loulou (je ne sais jamais qui est qui, appelons-le “choulou”.) (Ca fait un peu “chelou”.) (Bon je cherche un surnom next time), une mère qui abuse grave, des problèmes existentiels dans ma vie de tous les jours (“est-ce bien raisonnable de prendre une mousse au chocolat tous les midis?” oui mais en même temps, ça me réconforte moi les blancs en neige, et me noyer quelques minutes (et je n’ai pas dit “vautrer, remarquez bien) dans le chocolat me permet d’oublier que j’ai tous ces problèmes existentiels.) (c’est toujours mieux que de sombrer dans l’alcoolisme non?) (… ouais bon ok j’ai rien dit)

Et si ce n’est mon besoin compulsif de mettre des parenthèses partout, je suis pas si désagréable que ça à lire. Avouez. Ou mentez-moi. Mais avec talent alors :)

3 notes

Ca ne m’amuse pas de l’admettre mais… c’est un peu moi ça.
Indécision, indécision… Oui mais non. Enfin si. Enfin pourquoi pas.

Te montrer à l’univers, le temps d’un éclair, puis m’enfermer avec toi, seul, et te regarder pendant l’éternité.
La Nuit des temps, René Barjavel

La Fille Sur Le Pont - Vanessa Paradis

“La poisse ça s’explique pas… C’est comme l’oreille musicale si vous voulez, on l’a, ou on l’a pas.”